Je passe beaucoup de temps à observer les flux touristiques, les mouvements collectifs vers des destinations que tout le monde cite. Mais ce qui m’intéresse vraiment, c’est ce qui se joue entre les lignes des guides de voyage : pourquoi certains lieux résonnent plus fort que d’autres. J’ai parcouru les récits de voyageurs aguerris, visité les ouvertures d’hôtels, les mutations culturelles. Et je vous propose ici douze destinations qui me semblent porter quelque chose de singulier pour cette année.
Des territoires nordiques entre calme et énergie brute
La Norvège m’attire pour cette dualité qu’elle offre sans jamais forcer. À Oslo, je pourrais me perdre dans la collection du Musée National, puis me glisser dans un sauna flottant sur le fjord. L’été, des corps s’allongent au soleil avant de plonger dans une eau glacée. Il y a quelque chose de profondément humain dans ce rituel.
Le chemin de fer de Flåm reste gravé dans ma mémoire : ces femmes en robes rouges dansant près de la cascade Kjosfossen, entre folklore et mystère. Le village lui-même baigne dans une atmosphère étrange, presque irréelle. Pour séjourner, j’observe avec intérêt l’ouverture prévue en avril du Yrti Island Retreat sur l’île de Træna, ancienne communauté de pêcheurs. Les hôtels 62° Nord, dispersés autour des fjords d’Ålesund, offrent également ce charme discret que je recherche.
L’Estonie, elle, cultive un autre type de calme. Tallinn possède son charme médiéval et sa scène gastronomique dynamique, mais les deux mille îles qui bordent la Baltique racontent une histoire différente. Sur Hiiumaa, l’Eha Retreat ouvrira cette année avec seulement huit suites et trois cabanes forestières. Le programme mêle rituels estoniens ancestraux et approches contemporaines : enveloppements de tourbe, voyages sonores pour favoriser le sommeil profond. Le chef Peeter Pihel, récompensé d’une étoile verte Michelin, composera des menus hyperlocaux. Ce que j’apprécie ici, c’est la connexion à la terre sans discours performatif.
Entre renaissance culturelle et traditions préservées
Malte incarne cette collision fascinante des cultures. Les balcons arabes de La Valette, les pâtes au four siciliennes, les boîtes aux lettres britanniques : chaque coin porte la trace d’empires successifs. Cette année, deux palazzi historiques se transforment en hôtels raffinés. Casa Bonavita à Attard, propriété du XVIIIe siècle entourée de jardins parfumés à l’olivier et au jasmin, ouvrira au printemps. Romègas, palais vieux de cinq siècles au cœur de La Valette, ajoutera une piscine sur son toit. Le musée d’art contemporain MICAS, inauguré récemment avec une exposition de Joana Vasconcelos, complète cette offre culturelle.
Le Japon continue de me surprendre par sa capacité à réinventer l’hospitalité. Le Park Hyatt Tokyo a rouvert après dix-neuf mois de rénovation. Je pense à cette scène de Lost in Translation, au New York Grill & Bar au 52e étage. Au printemps, Capella Kyoto s’installera dans une ancienne école du quartier Miyagawa-chō, valorisant les matériaux locaux et les collaborations artisanales. Le château de Shuri à Okinawa, site UNESCO détruit par un incendie en 2019, rouvrira à l’automne. Du mont Koya aux sources thermales, chaque voyage au Japon révèle des strates invisibles.
Pour ceux qui s’interrogent sur les tendances observées par les professionnels du tourisme, plusieurs destinations émergent avec force cette année.
| Destination | Particularité 2026 | Type d’expérience |
|---|---|---|
| Botswana | Ouverture Singita Elela | Safari luxe |
| Égypte | Grand Musée Égyptien | Culturelle |
| Devon | Fowlescombe Farm | Rurale régénérative |
| Alberta | Basin Glacial Waters | Bien-être alpin |
Quand la géographie rencontre l’intimité
Je m’arrête sur certains lieux moins attendus. Le Kirghizistan offre des randonnées épiques vers le lac Song-Kul, des nuits en yourte sous un ciel d’une clarté bouleversante. Le Kyrgyz Nomad Trail s’est étendu de mille kilomètres l’an dernier, traversant prairies alpines et lacs d’altitude.
Les Seychelles accueilleront deux propriétés remarquables : La Réserve Seychelles sur Praslin, avec six villas face à l’océan Indien, et le retour de Fregate Island cet automne. Cette île-sanctuaire abrite tortues géantes et tortues imbriquées, quatorze villas privées, un spa régénératif et même une distillerie de rhum. L’approche conservation prime sur le volume touristique.
Florence réinvente son héritage. La Réserve Firenze investit un palais du XVe siècle dans l’Oltrarno avec six appartements privés. La Villa San Michele de Belmond rouvrira fin avril après dix-huit mois de rénovation, jardins repensés et nouveau spa Guerlain. Une exposition Mark Rothko débutera en mars au Palazzo Grassi, dialoguant avec les maîtres anciens.
Los Angeles traverse une phase délicate après les incendies récents, mais maintient son calendrier culturel : résidence de Noma à Silver Lake de mars à juin, matchs de la Coupe du Monde FIFA, ouverture en septembre du Lucas Museum of Narrative Art imaginé par Ma Yansong.
Ce qui me frappe dans ces destinations, c’est qu’aucune ne promet le bonheur clé en main. Elles proposent simplement un terrain d’expérience.
Victoria Rousseau écrit pour 123People. Elle explore le monde contemporain à travers des textes sensibles et engagés.
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