Je me souviens de ce silence qui suit les grandes annonces. Celui où l’on comprend qu’un projet, aussi ambitieux soit-il, ne verra jamais le jour sous la forme promise. Netflix a décidé de ne pas renouveler la série lifestyle de Meghan Markle, marquant un tournant inattendu dans la trajectoire médiatique de la duchesse de Sussex. Ce programme, baptisé With Love, Meghan, devait pourtant incarner le cœur de son accord créatif avec la plateforme de streaming.
L’aveu de la principale intéressée résonne encore : produire une telle émission représentait « énormément de travail ». Cette franchise, rare dans l’univers policé des productions hollywoodiennes, révèle peut-être davantage qu’une simple contrainte logistique. Elle soulève cette question que beaucoup de femmes se posent : jusqu’où peut-on s’étirer avant de reconnaître que certains projets épuisent plus qu’ils n’enrichissent ?
La charge invisible des ambitions créatives
Meghan Markle avait 44 ans lorsqu’elle s’est lancée dans cette aventure culinaire et horticole. Les sources proches du dossier ont confirmé à plusieurs médias que la série ne reviendrait pas pour une deuxième saison. Des discussions auraient eu lieu concernant d’éventuels spéciaux pour les fêtes, mais rien de concret ne se dessine à l’horizon.
Je m’interroge sur cette notion de « travail » évoquée par la duchesse. Coordonner une équipe de tournage, respecter un calendrier de production, livrer un contenu visuellement irréprochable tout en gardant une apparence de spontanéité — la liste s’allonge. Les plateformes de streaming exigent une régularité que la vie réelle, celle avec ses imprévus et ses nécessités personnelles, ne permet pas toujours.
La pression exercée sur les femmes dans l’espace public mérite qu’on s’y attarde. Voici ce que représentait ce projet pour différents acteurs :
- Pour Netflix : un contenu premium associé à une personnalité mondiale
- Pour Meghan : une opportunité de contrôler son image publique
- Pour le public : une incursion dans l’univers intime d’une figure controversée
- Pour l’industrie : un test de viabilité des productions royales
La stratégie du pivot vers As Ever
Plutôt que d’abandonner complètement l’univers lifestyle, Meghan réoriente son énergie vers sa marque personnelle, As Ever. Cette décision permet une maîtrise totale du rythme et du format. Les contenus seront désormais diffusés via ses réseaux sociaux, sous forme de capsules digestibles, loin des contraintes télévisuelles.
En janvier, elle a lancé un coffret intitulé « A Moment to Unwind », vendu 64 dollars. L’ensemble comprenait un marque-page en cuir gravé de sa calligraphie, du thé à la menthe et du miel à la sauge. Épuisé en quelques minutes. Ce succès commercial illustre une vérité simple : parfois, la petite échelle génère plus d’impact que les grandes productions.
| Projet | Format | Statut |
|---|---|---|
| With Love, Meghan | Série lifestyle Netflix | Annulée |
| The Wedding Date | Film (adaptation) | En développement |
| Meet Me at the Lake | Film (adaptation) | En projet |
| Close Personal Friends | Caméo cinéma | Sorti |
Cet ajustement stratégique me rappelle qu’il existe parfois des changements apparemment mineurs qui transforment profondément notre quotidien. Troquer la caméra pour un smartphone, le plateau pour une cuisine authentique, le calendrier imposé pour la spontanéité — voilà peut-être la véritable liberté.
L’avenir se conjugue au scénario
Pendant que le volet lifestyle refroidit, les projets de fiction s’intensifient. Archewell Productions développe activement l’adaptation de The Wedding Date, roman de Jasmine Guillory. Tracy Oliver, scénariste reconnue pour Girls Trip, travaille sur le script. Meghan produira sans apparaître à l’écran.
Sa récente apparition dans Close Personal Friends a surpris. Elle y joue son propre rôle, brièvement. Cette incursion cinématographique alimente les spéculations sur un éventuel retour devant la caméra, notamment pour l’adaptation de Meet Me at the Lake, qui résonne avec son parcours personnel — santé mentale, amour tardif.
L’accord avec Netflix demeure actif. Les Sussex privilégient désormais la narration fictionnelle aux documentations de leur quotidien. Je ne peux m’empêcher d’y voir une sagesse : raconter des histoires permet de garder une distance protectrice que la téléréalité lifestyle ne tolère jamais.
Ce qui se joue ici dépasse largement une annulation de série. C’est le droit de reconnaître ses limites. De dire non. De choisir autrement.
Victoria Rousseau écrit pour 123People. Elle explore le monde contemporain à travers des textes sensibles et engagés.
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