J’ai voulu tester cette promesse qui circule partout : utiliser un VPN pour trouver des billets d’avion moins chers. On nous répète que les sites de voyage ajustent leurs tarifs selon notre localisation, que changer virtuellement de pays suffirait à débloquer des réductions. J’ai pris mes deux VPN sous le bras et je me suis lancée dans l’expérience. Spoiler : la réalité ressemble rarement aux tutoriels.
Mes résultats décevants sur les hôtels et locations
J’ai commencé par Londres, destination classique d’un week-end de juin. Première étape : comparer les prix affichés depuis le Royaume-Uni via NordVPN, puis depuis les États-Unis. Le Virgin Hotels London-Shoreditch m’apparaissait à 910 dollars pour deux nuits côté britannique, 906 dollars côté américain. Une différence si mince qu’elle pourrait tenir du hasard.
J’ai tenté la location de voiture chez Hertz. Même constat frustrant : la Ford Fiesta récupérée à Heathrow coûtait environ 229 dollars sur le site britannique, contre 222 dollars sur la version américaine. Cancún ensuite, avec le Westin Resort. Les écarts se jouaient à trois dollars près entre les versions mexicaine et américaine de Hotels.com.
| Destination | Type de réservation | Prix via VPN local | Prix depuis les États-Unis |
|---|---|---|---|
| Londres | Hôtel (2 nuits) | 910 $ | 906 $ |
| Londres | Location voiture | 229 $ | 222 $ |
| Cancún | Hôtel (2 nuits) | 300 $ | 297 $ |
Avec ExpressVPN, les résultats n’ont guère été meilleurs. Hotels.com m’a même bloquée derrière un captcha interminable, comme si ma tentative d’économiser relevait de l’activité suspecte. J’ai basculé sur Booking.com : aucune amélioration notable.
Les vols : une économie marginale
Côté billets d’avion, j’ai observé des variations minimales. Un vol Iberia vers Londres, avec escale à Madrid, s’affichait à 583 dollars depuis le Royaume-Uni comme depuis les États-Unis. Pour Cancún, le prix variait de deux dollars entre les versions mexicaine et américaine de Google Flights : 411,42 dollars contre 413 dollars.
Ces écarts microscopiques m’ont fait réfléchir. Les experts que j’ai consultés m’ont confirmé que certains tarifs préférentiels existent bel et bien, mais restent réservés aux résidents locaux. Vous pourriez devoir présenter :
- Une adresse de domicile dans le pays ciblé
- Un permis de conduire local pour les locations de voiture
- Une carte bancaire émise localement
Marijus Briedis, responsable technique chez NordVPN, m’a précisé que les économies peuvent atteindre 40 % dans certains cas, notamment en connectant son serveur à des pays comme la Turquie ou la Moldavie. Une famille aurait économisé près de 600 dollars sur des vols vers Orlando. Mais j’avoue : cette chance ne m’a pas souri.
Mon bilan personnel après cette expérience
J’ai dépensé environ 28 dollars pour tester deux VPN pendant un mois. Mes recherches m’ont rapporté zéro économie tangible. Expedia m’a confirmé que leurs prix restent identiques avec ou sans VPN, dépendant plutôt de la disponibilité instantanée et des fluctuations monétaires.
Cela ne signifie pas que la méthode soit totalement inefficace. Simplement qu’elle demande patience, multiplication des essais et acceptation d’une part de hasard. Robert Cole, analyste chez Phocuswright, m’a mise en garde : certains hôtels réservent effectivement des tarifs réduits à des marchés géographiques spécifiques, mais obtenir ces prix nécessite souvent de prouver sa résidence.
La question demeure : vaut-il la peine d’investir du temps et de l’argent dans cette technique ? Pour moi, pas vraiment. Mais je comprends ceux qui, face à un voyage coûteux en famille, tentent leur chance. Les promesses existent, les résultats restent aléatoires. Peut-être est-ce justement ce qu’on refuse d’entendre dans un monde qui vend des solutions définitives.
Victoria Rousseau écrit pour 123People. Elle explore le monde contemporain à travers des textes sensibles et engagés.
Observer, comprendre, raconter.



