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Culture

homme qui marche sur la lune

Victoria Par Victoria
· · 11 min de lecture
homme qui marche sur la lune

Douze astronautes américains ont foulé le sol de la Lune entre juillet 1969 et décembre 1972, dans le cadre du programme Apollo. Un exploit qui a changé l'histoire de l'exploration spatiale. Neil Armstrong fut le premier à poser le pied sur la surface lunaire. Harrison Schmitt fut le dernier. Entre ces deux noms, dix autres hommes ont vécu une expérience que personne, depuis, n'a répétée. Événement technique, politique et médiatique, la conquête lunaire reste l'un des moments les plus scrutés — et les plus contestés — de l'histoire humaine.

Les hommes qui ont marché sur la Lune : portraits et records

Neil Armstrong est devenu le premier homme à marcher sur la Lune le 21 juillet 1969 à 2h56 UTC, suivi quelques minutes plus tard par Buzz Aldrin. Douze astronautes au total ont accompli cet exploit, chacun portant une particularité qui mérite d'être retenue.

Alan Shepard était le plus âgé : 47 ans lors d'Apollo 14 en février 1971. À l'opposé, Charles Duke a foulé la surface lunaire à seulement 36 ans, lors d'Apollo 16 en avril 1972. Harrison Schmitt, géologue de formation, reste le seul scientifique à avoir jamais marché sur la Lune. Aucun astronaute n'y est allé deux fois.

Malgré le fait que Schmitt ait été le douzième à y poser le pied, c'est Eugene Cernan qui est considéré comme le dernier homme sur la Lune, car il a quitté le module lunaire après lui lors d'Apollo 17.

AstronauteMissionParticularité
Neil ArmstrongApollo 11Premier homme sur la Lune
Buzz AldrinApollo 11Deuxième marcheur lunaire
Alan ShepardApollo 14Le plus âgé (47 ans)
Charles DukeApollo 16Le plus jeune (36 ans)
Harrison SchmittApollo 17Seul géologue scientifique
Eugene CernanApollo 17Dernier homme sur la Lune

En mai 2026, quatre de ces marcheurs lunaires sont encore en vie : Buzz Aldrin, David Scott, Charles Duke et Harrison Schmitt.

La biographie de Neil Armstrong, premier homme à marcher sur la Lune

Jeunesse, formation et premiers vols

Neil Armstrong est né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans l'Ohio, de Stephen Koenig Armstrong (né en 1898, décédé en 1990) et Viola Louise Engel (née en 1907 en Irlande, décédée en 1990). Aîné de trois enfants avec sa sœur June et son frère Dean, il a habité dans vingt localités différentes au cours de ses quinze premières années.

La passion pour l'aviation est venue très tôt. À 2 ans, son père l'emmène aux courses aériennes de Cleveland. À 6 ans, le 26 juillet 1936, il effectue son baptême de l'air dans un Ford Trimotor. Il commence le modélisme à 8 ans, prend ses premiers cours de pilotage en 1945 sur un Aeronca 7 Champion à l'aéroport de Wapakoneta, et obtient son brevet de pilote le jour de ses seize ans — avant même le permis de conduire.

Ses études d'aéronautique à l'université Purdue, débutées en 1947, sont financées par le plan Holloway, porté par James L. Holloway Jr. Il s'engage dans la Marine le 26 janvier 1949, se forme au Naval Air Station Pensacola pendant dix-huit mois et obtient son diplôme de pilote embarqué en août 1950. Lors de la guerre de Corée, il réalise 78 missions de combat et accumule 121 heures de vol, recevant l'Air Medal pour ses vingt premières sorties.

Pilote d'essai puis astronaute à la NASA

Après avoir obtenu sa licence à Purdue en 1955 avec une moyenne de 4,8 sur 6,0, Armstrong rejoint le NACA en mars 1955, puis intègre la base d'Edwards en juillet 1955. C'est là que sa carrière de pilote d'essai prend toute son ampleur.

Sur le North American X-15, il atteint une altitude de 63 kilomètres et une vitesse de Mach 5,74 soit 6 615 kilomètres par heure, sur sept vols au total. L'affaire Nellis du 21 mai 1962, où son Lockheed F-104 Starfighter heurte le sol lors d'une inspection du Delamar Dry Lake, illustre les dangers quotidiens de ce métier. Il cumule plus de 2 450 heures de vol sur plus de 200 appareils différents.

Sa candidature au Groupe d'astronautes 2 de la NASA arrive une semaine après la date limite du 1er juin 1962 — c'est son collègue Dick Day qui glisse discrètement le dossier dans la pile. Deke Slayton l'appelle le 13 septembre 1962. Armstrong commande ensuite Gemini 8, lancé le 16 mars 1966, avec David Scott comme pilote.

La mission Apollo 11 — le récit du premier pas sur la Lune

Le lancement et le voyage vers la Lune

Le 16 juillet 1969 à 13h32 UTC, Apollo 11 décolle du Centre spatial Kennedy en Floride devant plus de 3 000 journalistes. Armstrong, Aldrin et Michael Collins sont à bord. Le transit de quatre jours se déroule sans anomalie majeure.

Durant la descente, l'ordinateur de bord émet une alarme « 1202 ». Cet ordinateur disposait d'une mémoire morte de 36 864 mots de 16 bits et d'une mémoire vive de 2 048 mots — comparable à une calculatrice bas de gamme des années 2000. Le module lunaire Eagle dépasse de 7 kilomètres le site prévu. Armstrong prend les commandes manuelles pour chercher une zone dégagée, avec seulement 20 secondes de carburant estimées (le débriefing révèlera 45 secondes réelles).

Les premiers pas et les activités sur le sol lunaire

L'alunissage se produit le 20 juillet 1969 à 20h17m40s UTC. Armstrong sort du module lunaire le 21 juillet à 2h56 UTC et prononce sa phrase historique : « That's one small step for [a] man, one giant leap for mankind. » L'informaticien australien Peter Shann Ford a par la suite identifié le « a » manquant dans l'enregistrement audio.

  1. Armstrong collecte 21,7 kilogrammes d'échantillons de sol lunaire.
  2. Il parcourt 250 mètres sur la surface lunaire.
  3. Aldrin le rejoint peu après pour 21 heures 36 minutes de séjour total.
  4. Le drapeau américain est planté, puis couché par le souffle du décollage.
  5. Richard Nixon établit une communication avec l'équipage depuis la Maison Blanche.

Un petit paquet commémoratif est laissé en mémoire des cosmonautes Youri Gagarine et Vladimir Komarov, ainsi que des astronautes d'Apollo 1 : Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee. Il n'existe que cinq photos d'Armstrong sur la Lune.

Le retour sur Terre et l'accueil mondial

Après 124 heures 22 minutes depuis le début de la mission, le LEM décolle. Buzz Aldrin avait cassé par inadvertance l'interrupteur du moteur de remontée — il l'enclenche avec la pointe d'un stylo. Le rendez-vous en orbite avec le Columbia réussit. L'amerrissage a lieu le 24 juillet à 16h50m59s UTC dans le Pacifique, à 3 kilomètres du point visé, à 2 660 kilomètres à l'est de l'atoll de Wake. L'USS Hornet se trouve à 22 kilomètres.

Les trois astronautes sont mis en quarantaine pendant 21 jours. La conférence de presse télévisée du 16 septembre est suivie d'une tournée mondiale dans 23 pays. En mai 1970, Armstrong se rend en Union soviétique et rencontre le Premier ministre Alexis Kossyguine.

Astronaute et homme d'affaires communiquent à travers écran global

La dimension politique et médiatique de la conquête lunaire

Le président John Kennedy lance la course à la Lune en 1961, quelques semaines après le premier vol habité de Youri Gagarine. Ses propres conseillers scientifiques s'opposent à la mission : l'enjeu n'est pas technique, il est symbolique. L'espace devient un terrain d'affrontement dans la Guerre froide entre les États-Unis et l'URSS.

500 à 600 millions de téléspectateurs suivent les premiers pas en direct, soit 13 % de la population mondiale (estimée alors à 3,631 milliards). Les chaînes étrangères diffusent 230 heures d'émission en huit jours. Rien n'est laissé au hasard : la phrase d'Armstrong est préparée en amont, un discours présidentiel de deuil est même rédigé en cas de non-retour.

  • La scénarisation de l'événement est totale, jusqu'aux moindres gestes filmés.
  • Le vice-président Lyndon B. Johnson a interrompu l'initiative d'inclure des femmes astronautes, alors que treize pilotes avaient été formées avec parfois de meilleurs bilans que leurs homologues masculins.
  • Le président Ed Dwight, désigné par Kennedy pour devenir le premier astronaute noir, ne sera jamais sélectionné par la NASA, pour des raisons restées floues.

Le Moon hoax : histoire et évolution du complotisme lunaire

Le New York Times publie dès le 18 décembre 1969 un article intitulé « Un alunissage ? Quel alunissage ? » — sur un ton moqueur. Mais les doutes grandissent. Les années 1970 nourrissent la défiance : le Viêt Nam, le Watergate, l'assassinat de Kennedy filmé par Abraham Zapruder et diffusé par ABC le 6 mars 1975 pendant 26 secondes.

En 1976, Bill Kaysing, obscur sous-traitant de la NASA, publie à compte d'auteur un opuscule de 87 pages intitulé « Nous ne sommes jamais allés sur la Lune : une escroquerie américaine à 30 milliards de dollars ». Le texte pointe des anomalies visuelles censées prouver un tournage en studio.

La culture populaire s'empare du sujet. Dans Shining de Stanley Kubrick en 1980, la chambre interdite porte le numéro 237 — soit la distance en milliers de miles entre la Terre et la Lune. Capricorn One en 1978 imagine une fausse mission vers Mars. En 2004, William Karel réalise le mockumentary Opération Lune. En 2015, une vidéo de soi-disant aveux posthumes de Kubrick circule sur Internet. Scarlett Johansson joue dans To the Moon le rôle d'une publiciste chargée de fabriquer les images d'un faux alunissage — la NASA s'implique elle-même dans la production.

  • La chaîne Fox diffuse en février 2001 « Sommes-nous allés sur la Lune ? »
  • Peyo publie le Cosmoschtroumpf dans le magazine Spirou un mois avant le décollage d'Apollo 11.

En 2015, lors d'un salon du livre à Washington, une fillette demande à Buzz Aldrin pourquoi personne n'est retourné sur la Lune depuis 1972. Il répond : « Nous n'y avons pas été… C'est comme ça… Et si cela ne se produit pas, ce serait bien de savoir pourquoi. » Une réponse qui, sortie de son contexte, a alimenté toutes les spéculations possibles.

Retourner sur la Lune : où en est la conquête spatiale aujourd'hui ?

Depuis Apollo 17 en décembre 1972, aucun homme n'a remis le pied sur la Lune. La mission Artemis II, avec Reid Wiseman, Victor J. Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen, marque le retour progressif vers une orbite lunaire habitée. Mais l'alunissage lui-même reste un objectif à venir.

Ce que cette longue absence révèle mérite qu'on s'y attarde. Aucun programme spatial n'a jugé prioritaire de renvoyer des humains sur la surface lunaire pendant plus de cinquante ans. Ni la NASA, ni aucune autre agence. Le symbolisme des rêves dit parfois ce que la réalité peine à formuler : on n'est pas toujours prêt à retourner là où l'on a déjà été.

MissionDates d'alunissageDurée totale des sorties
Apollo 1120-21 juillet 19692h 31min 40s
Apollo 1219-20 novembre 19697h 45min 3s
Apollo 145-6 février 19719h 22min 31s
Apollo 1531 juillet - 2 août 197118h 34min 46s
Apollo 1621-23 avril 197220h 14min 14s
Apollo 1711-14 décembre 197222h 3min 57s

La progression de ces durées parle d'elle-même : chaque mission a poussé plus loin les limites de l'exploration. Aujourd'hui, les technologies ont évolué, les fusées sont réutilisables, les données accumulées par les programmes lunaires sont immenses. Ce n'est pas la faisabilité technique qui freine le retour sur la Lune — c'est la décision politique et budgétaire. Une question que ni Armstrong ni ses successeurs n'ont jamais eu à trancher.

  1. Les missions Artemis visent un retour humain sur la surface lunaire d'ici la fin de la décennie.
  2. La Chine et les États-Unis se livrent désormais une nouvelle forme de compétition spatiale.
  3. Harrison Schmitt, unique géologue ayant marché sur la Lune, plaide depuis des années pour reprendre l'exploration scientifique lunaire.

Victoria

Victoria

Victoria est une jeune blogueuse jeune et assumée qui aborde avec franchise les thèmes de la féminité, de la confiance en soi et du lifestyle. Sur son blog, elle partage conseils pratiques, réflexions personnelles et tendances pour inspirer une communauté engagée.

Défenseuse de la cause des femmes, Victoria milite pour l'égalité et l'empowerment à travers des articles accessibles et percutants. Ses lecteurs apprécient son ton authentique et son regard positif sur le changement social.