Douze hommes ont marché sur la Lune. Douze, pas un de plus. Entre juillet 1969 et décembre 1972, le programme Apollo a réussi l'un des exploits les plus saisissants de l'histoire humaine. Neil Armstrong fut le premier à fouler le sol lunaire, Eugene Cernan le dernier à le quitter. Ces noms résonnent encore, portant avec eux le poids d'une époque où la Guerre froide dictait les ambitions spatiales des États-Unis. En mai 2026, seuls quatre de ces hommes sont encore en vie : Buzz Aldrin, David Scott, Charles Duke et Harrison Schmitt.
La liste complète des douze marcheurs lunaires du programme Apollo
Le 21 juillet 1969 à 2h56, Neil Armstrong pose le pied sur la Lune. Buzz Aldrin le rejoint quelques minutes plus tard. La mission Apollo 11 venait de changer le monde. Ces deux astronautes constituent les premiers d'une liste de douze hommes qui, sur six missions distinctes, ont marché sur la surface lunaire.
| Mission | Astronautes | Année |
|---|---|---|
| Apollo 11 | Neil Armstrong, Buzz Aldrin | 1969 |
| Apollo 12 | Charles Conrad, Alan Bean | 1969 |
| Apollo 14 | Alan Shepard, Edgar Mitchell | 1971 |
| Apollo 15 | David Scott, James Irwin | 1971 |
| Apollo 16 | John Young, Charles Duke | 1972 |
| Apollo 17 | Eugene Cernan, Harrison Schmitt | 1972 |
Quelques données méritent qu'on s'y arrête. Alan Shepard, qui avait marché sur la Lune lors d'Apollo 14, était alors âgé de 47 ans — le plus vieux à avoir posé le pied sur la surface lunaire. Charles Duke, lui, reste le plus jeune avec seulement 36 ans lors d'Apollo 16. Harrison Schmitt, scientifique de formation, demeure à ce jour le seul géologue à avoir marché sur la Lune — une singularité remarquable dans cette liste d'aviateurs d'élite.
Des destins aussi variés qu'inattendus après le retour sur Terre
Entre renoncement et quête de sens
Revenir sur Terre après avoir marché sur la Lune. Comment s'y fait-on ? Neil Armstrong démissionna de la NASA et alla enseigner à l'université de Cincinnati. Il mourut en août 2012, à 82 ans, discret jusqu'au bout. Buzz Aldrin, lui, traversa des années difficiles : alcoolisme, dépression, apparitions médiatiques répétées — il participait même à Danse avec les stars en 2010. À 89 ans en 2026, il reste le visage le plus public de l'aventure Apollo.
Alan Bean suivit une voie radicalement différente. Après 18 ans comme astronaute, il se consacra entièrement à la peinture à partir de 1981, représentant des scènes lunaires avec, sur chaque toile, une touche de poussière de Lune prélevée sur sa combinaison. Il mourut le 26 mai 2018, à 86 ans. Edgar Mitchell, quant à lui, créa l'Institute of Noetic Sciences et se convainquit, à partir des années 1990, que Roswell était une réalité. La spiritualité attira aussi James Irwin, qui organisa des expéditions au Mont Ararat en Turquie pour chercher l'Arche de Noé.
Politique, prison et navette spatiale
Harrison Schmitt fit carrière en politique après avoir démissionné de la NASA en 1975, devenant sénateur républicain du Nouveau-Mexique de 1976 à 1982. Charles Duke prit une voie similaire vers la religion. John Young, lui, fut le seul des douze à retourner dans l'espace via la navette spatiale, commandant le vol inaugural STS-1 après une carrière de 42 ans à la NASA. Seuls trois marcheurs lunaires retournèrent dans l'espace :
- Charles Conrad et Alan Bean, à bord de Skylab 2
- John Young, commandant de la navette spatiale STS-1

Une aventure spatiale chargée de symboles et de secrets
Une mise en scène calculée jusqu'au moindre détail
Le programme Apollo fut lancé par Kennedy le 25 mai 1961 — non pas pour des raisons scientifiques, mais géopolitiques. Les propres conseillers scientifiques du président s'y opposaient. Une commission des activités symboliques réfléchissait aux objets emportés sur la Lune. La célèbre phrase d'Armstrong avait été préparée en amont. Rien n'était laissé au hasard dans cette démonstration de puissance face à l'URSS.
Les rêves et leurs symboles traversent parfois les récits les plus inattendus — et Apollo ne fait pas exception. 500 à 600 millions de téléspectateurs suivirent les premiers pas en direct, tandis que 3 000 journalistes assistaient au décollage du Centre spatial Kennedy le 16 juillet 1969 à 13h32 UTC.
Des missions sur le fil du rasoir
Apollo 11 faillit tourner au désastre. Armstrong dut effectuer un alunissage manuel car les signaux des radars avaient saturé l'ordinateur de bord, consommant une quantité critique de carburant. Plus surprenant encore : Buzz Aldrin cassa le disjoncteur d'armement du module lunaire. Les deux hommes repartirent grâce à la pointe d'un stylo. La mission dura 195 heures au total, avec seulement 2 heures consacrées aux activités extérieures.
Apollo 13 ne put même pas alunir : en avril 1970, l'explosion d'un réservoir d'oxygène força l'équipage à contourner la Lune. Quant à Eugene Cernan, dernier homme à quitter la surface le 14 décembre 1972, il traça dans la poussière les initiales de sa fille avant de monter l'échelle du module lunaire :
- Un geste intime, invisible depuis la Terre
- Un adieu silencieux à la surface lunaire
- Un symbole que personne n'a pu effacer depuis
Ce que les archives taisent encore sur ces douze hommes
David Scott, aujourd'hui âgé de 87 ans et résidant à Los Angeles, fut exclu du corps des astronautes pour avoir tenté de vendre des timbres de la NASA. Sa montre Bulova, portée en marchant sur la Lune, fut vendue aux enchères en 2015 pour 1,6 million de dollars. Ces anecdotes révèlent quelque chose que les commémorations officielles occultent souvent : ces hommes étaient humains, faillibles, complexes.
Kennedy avait aussi désigné Ed Dwight pour devenir le premier astronaute noir de l'histoire, avec l'ambition de le faire marcher sur la Lune. Il ne fut finalement pas sélectionné par la NASA, pour des raisons restées floues. Cette page discrètement tournée dit beaucoup sur ce que le programme Apollo choisissait de montrer — et sur ce qu'il préférait taire.
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